Dante et Virgile aux Enfers

Dante et Virgile aux Enfers

Je me plais dans l’idée sans l’action. La façon d’anticiper, de fabriquer et de créer une idée, un concept qui indubitablement ne respira peut-être jamais. C’est un laxisme intellectuel, ou un manque justement de facultés compréhensives que certains s’amuseront à proclamer. Bref, encore ai-je l’énergie pour m’en révolter et écrire ses pense-bêtes irrécupérables. Toutefois, je compte bien me réveiller pour de bon et concrétiser mes fins tel un petit Phœnix prêt à bondir de ses propres cendres. Pourquoi pas se revitaliser? Encore mieux, pourquoi ne pas se révolter? Se révolter écrivit Albert Camus «contre sa condition et sa création». En effet l’art de se «révolter métaphysiquement» pour résoudre cette contradiction d’injustice et de justice inhérente à notre propre condition. Pourquoi ne pas écrire jusqu’à ce que l’encre elle-même s’asséchant me supplie d’arrêter. Et je devrais cesser toute pression sur ces pages d’un livret encore trop fragile ? L’écriture tue! Elle tue puisqu’elle permet de vivre mot à mot un moment inexistant en soi, mais bien réel sur papier. C’est par ce «dialogue vertical» entre le penseur, l’écrivain, le poète ou l’incompris et sa page de cahier qu’il commence sa révolte, notre révolte! Un dialogue entre la tête et le scriban où ce no man’s land entre concevoir et façonner, cogiter et sublimiser s’imbrique sans distance. Les mots lui répondant, se structurant en phrases concises lui permet ipso facto de concevoir et imaginer sa révolte : son texte vit. Puisque le raisonneur pense, son écriture se résulte à une réponse; sa réponse. Ainsi, cette réponse permet la construction de sa révolte. Or, s’insurger avec des mots comporte un danger «la puissance de détruire suppose qu’on puisse être soi-même détruit». C’est un appel à la domination de ses propres moyens. Mais pourquoi détruire avec des mots? Que détruisons-nous avec ses mots? De ce fait, Frederich Nietzsche affirma qu’il fallait détruire ce qu’il y avait déjà d’existant pour reconstruire par dessus. Il faut, en niant ce que l’on nous propose en face, substituer et remplacer. Chez Nietzsche c’était Dieu. Voilà ce combat trop souvent saisi au pied de la lettre : le combat des mots. Voilà cette révolte nécessaire. Or, faut-il bien saisir cette portée. Tous mots à la base n’est ni nihiliste, surréaliste, poétique, ou encore dramatique. Ils sont ce que nous en faisons. Le vecteur c’est nous! Le mot reste stérile, vierge et banal jusqu’au moment où l’on décide de lui incorporer une façon : de lui inculquer une conduite. Certes, cette mécanique se fait usuellement, mais donne force et forme aux mots.
À mon humble avis, l’objet d’analyse reste l’homme se rénovant dans la plus simple équation: sa création, le délais et son empreinte.

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